Les fraisiers sous arbrits
🍓 Cultiver les Fraisiers sous Abri : Serre et Tunnel
Produire des fraises en serre ou sous tunnel plastique est une excellente méthode pour tricher avec le calendrier. Protégés du gel et des intempéries, vos plants s'éveillent plus tôt. Cependant, ce climat confiné et chaud impose des règles strictes en matière d'arrosage, de fertilisation et de protection estivale pour éviter de griller vos récoltes.
1. Pourquoi cultiver ses fraises sous abri ? Les avantages
Le principal atout de la serre ou du tunnel reste le gain de précocité. En protégeant la culture des gelées tardives et en accumulant les premiers rayons de soleil, vous avancez la récolte de 3 à 4 semaines par rapport au plein champ.
- Saison prolongée : Récoltes dès la fin avril pour les variétés précoces, et prolongation en automne (jusqu'aux gelées) pour les remontants.
- Qualité sanitaire des fruits : Les fraises ne subissent pas les pluies battantes. Résultat : beaucoup moins de pourriture grise (botrytis) et des fruits propres, sans éclaboussures de terre.
- Protection contre les ravageurs : Les oiseaux et les limaces ont beaucoup plus de mal à accéder à votre sésame rouge.
2. Préparation du sol et fertilisation : poser de bonnes bases
Le fraisier est une plante gourmande qui va occuper la place pendant deux à trois ans. Sous abri, la terre s'épuise vite et ne bénéficie pas du lessivage ou des apports naturels de la pluie.
Le travail du sol (1 mois avant la plantation)
Les fraisiers détestent l'eau stagnante qui fait pourrir leurs racines. Travaillez le sol en profondeur à la grelinette pour l'aérer sans retourner les couches. Si votre sol est lourd, formez des buttes de 15 à 20 cm de haut. Cela favorise le réchauffement de la terre et assure un excellent drainage.
La stratégie de fertilisation
Le fraisier a besoin d'une nourriture riche mais progressive. Un excès d'azote sous abri provoquera une explosion de feuillage au détriment des fruits et attirera les pucerons.
- Au fond (préparation) : Incorporez 4 à 5 kg/m² de compost bien mûr ou de fumier composté, complété par une poignée de corne broyée (azote à libération lente) et du patenkali (apport de potasse et magnésium pour le sucre et le calibre des fraises).
- En cours de culture : Dès le redémarrage de la végétation au printemps, arrosez toutes les deux semaines avec un purin de consoude dilué à 10 %, excellent substitut naturel aux engrais à fraises du commerce grâce à sa richesse en potasse.
3. La gestion de l'eau et du paillage
Sous abri, la pluie n'existe pas. Vous avez le contrôle total, ce qui est un avantage mais demande de la rigueur.
Le système d'arrosage idéal
Le feuillage et le collet du fraisier ne doivent jamais être mouillés pour éviter le développement des champignons. Le système de goutte-à-goutte (avec gaines perforées ou goutteurs individuels) placé sous le paillage est obligatoire. L'arrosage par aspersion est à proscrire.
Le rythme : Le sol doit rester frais mais jamais détrempé. Augmentez les fréquences lors de la floraison et de la formation des fruits, puis réduisez légèrement pendant la maturité pour concentrer les sucres.
Quel paillage choisir sous abri ?
Très efficace sous abri pour réchauffer le sol au maximum dès février et bloquer les adventices. Elle maintient les fraises parfaitement propres. Raccordez le goutte-à-goutte en dessous avant la pose.
Option B : Le paillage naturel (Paille de blé ou fragon)
Idéal si vous préférez nourrir le sol. Appliquez une couche épaisse (8 à 10 cm) dès que le sol est bien réchauffé (avril). Attention, sous abri sec, la paille peut parfois abriter des acariens si l'atmosphère devient trop lourde.
4. Protéger les fraisiers de la canicule estivale
Si l'abri est un paradis au printemps, il peut devenir un enfer en été. Au-delà de 30 °C, le fraisier stresse, bloque sa croissance, et les fruits avortent ou cuisent sur place.
| Action | Méthode pratique | Objectif |
|---|---|---|
| Aération maximale | Ouvrir les portes et relever les côtés du tunnel dès que la température dépasse 22 °C. | Créer un courant d'air continu pour faire chuter le thermomètre. |
| Ombrage | Installer un filet d'ombrage à 50 % sur le toit de la serre ou blanchir le plastique/verre à la chaux arboricole. | Filtrer les rayons brûlants du soleil de juin à août. |
| Humidification des sols | Arroser les allées de la serre aux heures les plus chaudes (bassinement des chemins, pas des plants). | Faire baisser la température ambiante par évaporation. |
5. Les points de vigilance spécifiques à l'abri
Sous abri fermé en début de printemps, les insectes pollinisateurs (bourdons, abeilles) ne circulent pas. Sans eux, pas de fraises, ou alors des fruits déformés et rabougris !
La solution : Laissez les portes de la serre grandes ouvertes pendant les heures ensoleillées dès l'apparition des premières fleurs. Si le temps est trop froid, passez délicatement un pinceau souple de fleur en fleur pour disperser le pollen.
La gestion des maladies et ravageurs du confinement
- Les acariens tisserands (araignées rouges) : C'est le fléau des serres sèches et chaudes. Ils piquent les feuilles qui prennent un aspect plombé. Remède : Maintenez une légère hygrométrie ambiante et pulvérisez du purin d'ortie en prévention.
- L'oïdium (Maladie du blanc) : Favorisé par les écarts de température jour/nuit et l'air stagnant. Les feuilles s'enroulent vers le haut. Remède : Ventilation absolue et traitement préventif au bicarbonate de soude (5g/L + un filet de savon noir).
Le renouvellement des plants
La culture sous abri pousse le fraisier au maximum de ses capacités productives. Les plants s'épuisent plus vite qu'en extérieur. Prévoyez un renouvellement complet des pieds tous les deux ans (contre trois ans dehors) pour maintenir un rendement et un calibre optimaux.